EURO 2016. Désignation, et si tout avait été joué d'avance...

 

EURO 2016. Désignation, et si tout avait été joué d'avance...

Euro 2016 : Planus,un lapsus révélateur ?

 

Cocorico, la France a été choisie pour accueillir en 2016 la Championnat d’ Europe de football.Une annonce faite en présence du
président de la république française Nicolas Sarkozy. Etait-ce vraiment une surprise pour ce dernier ? On peut en douter, quand on
apprend du joueur  Planus, lors de la conférence de presse de l’équipe de  France en Tunisie, qu’il avait l’information depuis la veille.
Alors opération de communication de la présidence française ou pas, ça ne serait pas une première.

La France a réussi à convaincre sept des treize membres du jury de l'UEFA (Union européenne du football association) de lui confier
l'organisation du 15e Championnat d'Europe de football en 2016. L'événement accueillera pour la première fois 24 équipes (et 51
matchs) et non pas seize formations comme jusqu'à présent. La France vait fort à faire avec les candidatures de la Turquie et de l'Italie.

Le vote a été très serré, la France ne l'ayant emporté que d'une tête (une voix) devant la Turquie au second tour de vote. A l'issue du
premier tour, un duel franco-turc s'est rapidement dessiné. Frédéric  Thiriez a reconnu l'extrême qualité de la candidature turque, barrée
pour l'organisation de l'Euro pour la troisième fois consécutive.

La désignation de la France, au moment où l'instance européenne du football est présidée par un Français, Michel Platini, n'est pas d'ailleurs sans poser des questions. L'ancien capitaine de l'équipe de France championne d'Europe en 1984 a en effet confié son embarras en conférence de presse. «Moi je suis très ami avec les Turcs, j'ai un nom à consonance italienne, j'ai fait toute ma carrière en France (NDLR : et à la Juventus de Turin)... C'est compliqué», a-t-il dit.

La victoire française risque de laisser des traces au sein de l'UEFA. En dépit du discours rassurant de Platini, Senes Erzik, vice-président turc de l'UEFA, a reproché un certain manque de fair-play de l'ancien numéro dix des Bleus. ce dernier aurait présenté à chacun des membres du Comité exécutif le président français Nicolas Sarkozy mais n'aurait pas fait de même pour le président truc. «Cette élection est la preuve que l'UEFA est démocratique, a conclu Platini. Si le président était un despote, le résultat aurait été 13-0-0.»

Sarkozy en guest star

Pour convaincre, les promoteurs de la candidature française ont pu compter sur deux hôtes de marque : Nicolas Sarkozy et Zinédine Zidane. Le président de la République était présent vendredi matin à Genève et, comme l'évoquait dès jeudi matin «le Parisien» - «Aujourd'hui en France», Zinedine Zidane était également du voyage.

Le grand oral de la France s'est distingué de celui de ses homologues par son originalité. La prestation d'un jeune footballeur-comédien, Nathan, 10 ans, a littéralement crevé l'écran. Il a porté à lui tout seul la présentation du dossier sur un podium sous les yeux des dirigeants du football européen.

Le spectre de l'échec de Paris pour les JO 2012

Après la désignation de la France, la classe politique a salué dans un même élan la bonne nouvelle. L'événement pourrait attirer jusqu'à 2,5 millions de spectateurs en France. «le sport est une réponse à crise»,a martelé le chef de l'Etat

Après l'échec retentissant, en 2005, de la candidature de Paris à l'organisation des Jeux olympiques de 2012, Nicolas Sarkozy s'est
personnellement investi dans la promotion de la candidature française, recevant à plusieurs reprises à l'Elysée les dirigeants du football français ou les maires des villes retenues pour accueillir des matches de la compétition.

1,7 milliard d'euros investis

L'Etat a promis 150 millions d'euros pour construire ou rénover les stades de douze villes sur un investissement total estimé à 1,7
milliard d'euros. Le football français, handicapée par des infrastructures obsolètes, va pouvoir se doter de stades modernes et
pouvoir rivaliser avec des nations comme l'Allemagne ou le Portugal, les deux dernières à avoir accueilli l'Euro.

Dans le détail, le projet français prévoit la construction de quatre stades : à Bordeaux (42 566 places, livraison en décembre 2014 pour un budget de 200 M €);  Nice (33 470 pl., juin 2013, 184 M €); Lille (47 882 pl., juillet 2012, 324 M€) et Lyon (57 628 pl., décembre 2013, 320 M €).

Les stades de Saint-Denis (SDF) , Paris (Parc des Princes), Lens, Toulouse, Marseille, Strasbourg, Saint-Etienne et Nancy serait rénovés pour être compatibles avec le cahier des charges de l'UEFA.


Réaction

Nicolas Sarkozy (président de la République): «Je voudrais dire combien nous sommes heureux d'être le pays organisateur de l'Euro
2016. Je voudrais féliciter toutes les équipes de la Fédération, de la Ligue, remercier les joueurs Willy Sagnol, Zinédine Zidane, Youri
Djorkaeff, Christian Karembeu. Je remercie également Roselyne Bachelot et Rama Yade, leur dire combien nous sommes contents de ce choix pour tous les supporters, tous les passionnés de football. Nous allons maintenant nous mettre au travail pour la rénovation et la construction des stades. Nous sommes très heureux, très honorés».  Michel Platini, président de l'UEFA : «Je suis content parce que la France a gagné et que je suis français, ne l'oublions pas. Et deuxièmement parce que c'était serré, ouvert, ce n'était pas du despotisme présidentiel, sinon les Français auraient gagné 13-0. Là, cela a été 7-6». «La présence de Nicolas Sarkozy a fait pencher la
balance», a-t-il estimé.

Jean-Pierre Escalettes (président de la Fédération Française de Football): «J'ai d'abord une pensée pour nos amis turcs et italiens.
J'imagine leur déception et leur frustration. Bien sûr, à ce moment , c'est l'émotion qui m'envahit. L'émotion de penser qu'en 2016, la
France accueillera l'Europe du football et qu'elle fera, je vous le dis, ce qu'elle a promis de faire. Je remercie le comité exécutif de
l'UEFA de nous avoir accordé leur confiance. Je peux assurer qu'elle ne sera pas trahie».


Zinédine Zidane: «Je suis très content de cette organisation de l'Euro 2016 donnée à la France. Je suis heureux pour tous les gens qui vont profiter de ce moment. Je l'ai vécu en tant que joueur à l'occasion de la Coupe du Monde, je sais ce que cela représente. Je suis ravi pour les millions de Français qui vont pouvoir partager ça»

Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des Sports : «Je n'aurais jamais cru vivre un moment pareil dans ma vie 5...). La France est un grand d'Europe et préserve son rang sportif, c'est formidable».

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