DigiCup 2010 : les Gwadaboys sans hymne et sans drapeau national !

DigiCup 2010 : les Gwadaboys sans hymne et sans drapeau national !

Par Danik I. Zandwonis

Roger Salnot, l’entraineur du onze guadeloupéen, le dit dans l'interview accordée à CCN : les joueurs de la Guadeloupe ne chanteront pas la Marseillaise, parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans l’hymne français.

A vrai dire, cela n’étonne plus personne car depuis des années maintenant, les sportifs cari-guadeloupéens, tout particulièrement ceux qui fréquentent les stades et les compétitions de la Caraïbe, ont eu le temps de s’apercevoir que le drapeau et l’hymne français faisant tâche dans la région. De son côté, le CrosGua n’a pas non plus ménagé ses efforts pour faciliter une réelle intégration de notre pays dans le concert des nations caribéennes. Il est aujourd’hui admis que sur le plan sportif, la Guadeloupe est une nation. C’est là une belle avancée et elle l’est d’autant plus que sur cette question « nos politiques » accusent un retard considérable. Ils en sont encore à attendre le bon vouloir du gouvernement français, un énième et misérable aménagement statutaire…

D’ailleurs, on peut même penser qu’il y a en Guadeloupe, deux conceptions de la représentation politico-sportive. J’en veux pour preuve, le déferlement politico-médiatique autour de la Route du Rhum et le peu de « bruit », voire d’enthousiasme fait à l’occasion de cette 3e participation des Gwadaboys à une phase finale de la « DigiCup ». la Digicel Caribbean Cup.

Que représente la Route du Rhum pour la majorité des Guadeloupéens et pour le monde sportif ? Rien, quasiment rien. Les victoires des super catamarans où le naufrage prématuré de Christine Montlouis, pas plus que l’arrivée très tardive des Bissainthe et autres Dreux, sont des non- évènements. Sur le plan sportif, ce sont sans doute de valeureux compétiteurs, mais ils n’entreront pas dans l’histoire. leur performance, il faut le dire, n’apporte strictement rien à notre conscience de peuple. La Route du rhum n’est qu’un un artifice, un « véglaj », un aveuglement de plus… Un joujoux coûteux sur l’écume de la mer Caraïbe. 

Sur le plan mondial, le foot-ball, nous l’avons dit, est un sport à la fois populaire -le plus populaire- et aussi un business qui tient une place importante dans l’économie sportive. Les enjeux financiers sont considérables, les compétitions telles que la Coupe du monde ou la Champions League génèrent des sommes considérables. Mais au-delà de son aspect fric, le foot-ball déchaine les passions et cela va parfois jusqu’au chauvinisme le plus détestable.

Au cours des dernières années, la montée en puissance d’une équipe nationale cari-guadeloupéenne identifiée par ses couleurs (rouge et vert) et par ses joueurs, a sensiblement permis à notre peuple de faire le distinguo avec l’équipe nationale française, les Bleus. Les compétitions internationales entre pays de la Caraïbe permettent aussi aux Guadeloupéens de se situer dans leur propre espace géographique. Cette dimension géopolitico-sportive a totalement échappé à notre classe politique traditionnelle, laquelle continue à avoir les yeux braqués sur Paris.

Àlors à chaque rencontre sportive entre nations caribéennes, se pose avec de plus en plus d’acuité, la double question du drapeau et de l’hymne national. Le Comité régional olympique de la Guadeloupe (Crosgua) a posé les premiers jalons. Il serait donc temps que les journalistes de la presse officielle, tout comme les politiques se rendent compte que quelque chose est entrain de changer. Les Gwadaboys, et leur nombreux succès à l’échelle de la Caraïbe et du monde, sont nos premiers ambassadeurs. Ils méritent largement un immense woulo bravo !..

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