L'administration Obama défend l'usage thérapeutique de la marijuana

L'administration Obama défend l'usage thérapeutique de la marijuana

Le débat sur la marijuana thérapeutique est relancé aux Etats-Unis. Au cours de sa campagne, Barack Obama avait déclaré qu'il arrêterait les raids de la police fédérale contre les centres qui distribuent du cannabis à usage médical. Une décision confirmée, mercredi 25 février, par le nouveau ministre de la justice, Eric Holder.

La culture et la cession de cannabis sont formellement prohibées par la loi fédérale américaine, mais treize Etats ont adopté des lois autorisant l'usage de la marijuana thérapeutique, notamment pour des traitements antidouleur. Les cliniques qui distribuent ces produits sont en conflit permanent avec la Drug Enforcement Administration (DEA), l'agence fédérale antidrogue américaine.

Cette évolution de la politique américaine soulage les militants du cannabis thérapeuthique, comme l'association antiprohibitioniste NORML, qui propose à ses adhérents de  remercier Eric Holder par email. Mais la nouveauté est relativisée par l'hebdomadaire conservateur US News and World Report : "Il semble peu probable qu'Obama fasse des choix radicaux. Durant toute sa campagne, il a répété qu'il n'était pas favorable à la légalisation de la marijuana."

LÉGALISER ET TAXER LE CANNABIS EN CALIFORNIE

Deux jours avant la déclaration d'Eric Holder, un député californien,  Tom Ammiano, a provoqué un tollé en déposant un projet de loi visant à légaliser et taxer le cannabis en Californie, dans le but de récolter 14 milliards de dollars de recettes fiscales par an. Il propose d'appliquer les mêmes règlementations que pour la vente d'alcool.

Cette proposition, en contradiction totale avec les lois fédérales américaines, a suscité une vive opposition. L'argument économique est rejeté dans les colonnes du quotidien Los Angeles Times par Calvina Fay, directrice de l'ONG Save Our Society From Drugs : "Légaliser la drogue créerait de nouveaux coûts pour notre société." Pour John Lovell, un lobbyiste qui représente trois syndicats policiers californiens,cité par le Wall Street Journal, " cette proposition est basée sur l'idée fausse que si on légalise la marijuana, on obtiendra un paradis social et fiscal."

Si cette initiative a peu de chance d'aboutir, l'opinion américaine a évolué sur ce sujet. En 2009, trois sondages ont révélé qu'un grand nombre d'Américains soutiennent la légalisation de la marijuana : 40 % selon Rasmussen, 41 % selon CBS News et 44 % selon Zogby. Il y a vingt ans, ce chiffre ne dépassait pas les 20 %.

Rémy Maucourt

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