Diadyé: Georges Troupé, fondateur de «Kimbol» n’est plus…

 Diadyé: Georges Troupé, fondateur de «Kimbol» n’est plus…

 

Fabienne Condo, responsable de com du groupe Kimbol, et qui a longtemps assisté son oncle, maîtrise parfaitement son émotion pour nous tracer un portrait succint de Georges Troupé. Sony Troupé, présent au 10ème festival Terre de Blues de Marie-Galante, où il a décidé de maintenir sa prestation du jour, malgré le décès de son père, la gorge nouée, n’a rien pu dire à caribcreole1 qui l’a interrogé.

Georges Troupé, qui a séjourné en France, où il s’est inscrit au cours Paul Beuscher pour approfondir ses connaissances musicales et mieux maitriser son saxo, revient en Guadeloupe au début des années 70. Il se rapproche de Gérard Lockel qui lui, vient de révolutionner la musique nationale cari-guadeloupéenne en inventant le «Gwo ka Modèn» (GKM). Georges Troupé fait alors un bout de chemin avec Lockel qu’il admire. Mais Troupé, qui est un homme d’une grande sensibilité, très exigeant sur le plan musical mais toujours prêt au dialogue, ne partage sûrement pas l’intransigeance parfois excessive, voire un peu parano, de Lockel. Les deux hommes se séparent à la fin des années 70. Georges Troupé, amoureux du Gwo Ka, continue sa route. Il rencontre Edouard Ignol, un trompettiste marie-galantais, aussi appelé «Kafé», qui lui aussi est passionné par le ka et influencé par le Gwo Ka Modèn de Lockel. Le groupe Kafé Ka lévé, version 1 naît de leur passion commune. Plus tard, quand l’expérience Kafé Ka lévé1 arrive à son terme, Troupé a déjà repris son saxophone de pèlerin du ka et c’est la création en 1979 de Gwakasonné avec Robert Oumaou. 
GUADELOUPE. Sainte-Anne.Lundi 1er Juin 09.Caribcreole1.com. Gorges Troupé, saxophoniste cari-guadeloupéen de talent, le «Lauriette» du Gwo ka, très connu dans ce milieu, est décédé hier dimanche des suites d’une brève maladie. Georges Troupé, âgé de 68 ans, est le père de Sony Troupé, l’un des batteurs les plus doués de la jeune génération. Georges Troupé avait créé la première école de gwo ka.

Le saxo de Troupé donne une tonalité particulière à Gwakasonné, qui symbolise alors le nouveau Gwo Ka, issu des quartiers populaires urbains. Le «son Gwaka», comme quinze ans plus tôt celui du GKM de Lockel, est la seconde révolution musicale du Gwo Ka contemporain.

Mais Georges Troupé, qui a déjà compris, après la mort de l’immense tanbouyé Marcel Lollia (Vélo), qu’il faut désormais travailler en direction de la jeunesse et assurer la transmission de la musique traditionnelle, crée en 1984, le groupe Kimbol*. Expérience unique en Guadeloupe. De très jeunes musiciens de ka, forment un big band gwo ka dont la direction artistique est assurée par Troupé lui-même qui s’avère être un pédagogue et un formateur de qualité. Après Kimbol, qui sortira un premier album en 1984, Georges Troupé crée à Sainte Anne, l’Atelier Marcel Lollia dit Vélo, une école d’apprentissage du Gwo Ka. Fabienne Condo, a affirmé à caribcreole1, qu’il ne serait pas faux de dire qu’en 25 ans d’exercice, «L’Atelier a déjà formé plus de 1 500 jeunes qui sont aujourd’hui de vrai pros». Georges Troupé s’en va, mais sa succession est assurée. L'Atelier continuera. Laurence Jules-Gaston, l’une des anciennes élèves, est depuis quelques temps la Directrice de l’institution. Sony, le dernier fils de Georges Troupé, est en charge de la direction artistique et musicale. Fabienne Condo est elle, chargée des éditions de «L’Atelier». La méthode verte, le manuel d’initiation au Gwo ka écrit par Troupé, sera réédité. D’autres ouvrages, fruits des réflexions de Georges Troupé, sont aussi attendus.

Le 21 juin prochain, l’Atelier devra officiellement célébrer ses 25 ans d’existence. «Ce devait être une grande fête», confie Fabienne Condo, «elle se fera sans Georges, mais avec Kamodjaka, Lena Blou, Mario Coco, Kannida, ... ». Le plus bel hommage qu’on pourra offrir à cet homme qui aura tant fait pour que la musique de son pays soit un « lien éternel*».


* kimbol : variété de kasav qui servait à nourrir les pauvres gens qui n’avaient pas les moyens d’acheter du pain. Georges Troupé, pour qui le gwo ka était à la fois une musique de résistance et la musique des masses populaires, avait souhaité que le groupe Kimbol en soit le symbole !

*Discographie : « Lien éternel» est le titre du 1er album du groupe Kimbol qui en a sorti quatre.

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