Comment une traductrice transforme une historienne en odieuse raciste

Comment une traductrice transforme une historienne en odieuse raciste

Sylvia SERBIN - Journaliste, historienne, écrivain - Auteur de Reines d’Afrique et héroïnes de la Diaspora noire

Une jurisprudence discriminatoire pour couvrir la falsification révisionniste de l’ouvrage Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire

Un éditeur peut-il, sous couvert d’une traduction, réécrire un essai historique en supprimant ou tronquant plus de 400 paragraphes présents dans l’original, et en falsifiant la pensée de l’auteur ? Oui, répond la justice française par décision du TGI de Créteil et de la cour d’Appel de Paris, déniant à l’auteure, une Française (noire), tout droit aux lois sur la propriété intellectuelle et sur le droit moral.

Premier ouvrage consacré à des femmes noires en tant qu’actrices historiques, cet essai, publié en 2004 en France aux éditions sepia, traite de destins de femmes qui, de l’antiquité au début du 20e siècle, se sont distinguées dans l’histoire d’une quinzaine de pays africains, ainsi qu’à Madagascar, aux Etats-Unis et aux Antilles. Salué comme un document de référence pour les informations inédites portées à la connaissance du public, son succès m’a valu d’être invitée dans des conférences au Canada, au Brésil, en Afrique et dans différents pays d’Europe.

Un succès qui conduira l’éditeur Peter Hammer Verlag à en solliciter les droits de traduction en allemand auprès de sepia. En novembre 2006, découvrant par hasard sur Internet des annonces sur la sortie de cette version allemande pour le 15 novembre, je m’étonnai auprès de ma maison d’édition de ne pouvoir faire contrôler cette traduction avant sa publication. Et le 13 novembre, soit deux jours avant la sortie présumée de ce livre titré Königinnen Afrikas, j’en reçus une épreuve par l’intermédiaire de sepia.

Ne comprenant pas cette langue et ne pouvant recourir à des services spécialisés, après en avoir informé mon éditeur, je me mis en quête de quelqu’un capable de m’éclairer sur cette traduction. En janvier 2007, je pus enfin trouver une enseignante allemande bilingue qui accepta de m’aider. Mais, alors que nous nous apprêtions à analyser le manuscrit, j’appris, toujours par Internet, que l’ouvrage était déjà en vente dans l’espace germanophone alors que sépia ne m’en avait rien dit. Et pour cause ! Nous allions en effet découvrir avec stupéfaction que mon travail avait été presque intégralement réécrit et modifié pour faire place à un texte révisionniste comportant des clichés à caractère raciste.

Choquée par de tels procédés, j’ai porté l’affaire en justice, espérant faire arrêter la diffusion de la traduction incriminée et obtenir la résiliation des contrats liant mon titre à ces éditeurs délictueux. Mon éditeur, s’exonérant de toute responsabilité au motif qu’il n’avait pas réalisé cette traduction, se rangera du côté de son partenaire, tous deux niant la contrefaçon en dépit du document de comparaison qui démontre une altération totale de l’oeuvre originale par la prétendue traduction allemande dont l’exemple joint en annexe vous donnera une idée.

La justice française, désignée comme seule compétente par les contrats d’édition de Reines d’Afrique, allait systématiquement me débouter en quatre années de procédure (Référé du 10/5/2007, TGI Créteil du 4/11/2008, cour d'Appel Paris du 9/6/10). Tous les arguments défendus par mon avocat sur la violation de la propriété intellectuelle et l’atteinte au droit moral ont été ignorés. Par contre, les allégations des éditeurs seront prises en compte ; et notamment le fait que je n’aie pas immédiatement dénoncé les illustrations non conformes présentes dans le manuscrit allemand signifiait que j’étais d’accord avec son contenu même si je n’en comprenais pas la langue. Or ces illustrations ont été dénoncées en même temps que le reste du texte. Sépia soutiendra aussi, au début de la procédure, que je n’avais pas réagi à l’envoi du manuscrit, avant de changer de version un an et demie plus tard, pour affirmer qu’ils avaient reçu mon accord verbal!

Les magistrats n’ont donc rien trouvé à redire au fait que mon livre ait été :

réécrit sans mon accord pour faire place à une version falsifiée truffée de contrevérités et d’allégations fantaisistes travestissant mes idées et modifiant des faits, des dates, des noms ;

amputé de plus de 400 paragraphes qui figurent dans l'ouvrage original, transformant un essai à vocation scientifique en une production révisionniste où sont niés et censurés des évènements majeurs de l'histoire de l'Afrique, ridiculisées certaines figures historiques et dont les clichés racistes qualifiant des Africains de cannibales discréditent ma démarche ;

publié sous mon nom, malgré les manipulations dont il a fait l’objet.

Malgré ce détournement abusif de mon œuvre, les juges ont considéré que les deux éditeurs n'ont rien à se reprocher. Ni Sépia, contractuellement garant de l'ouvrage que je lui avais confié, ni son partenaire qui a saccagé un travail représentant plusieurs années de recherches. De plus, occultant ma plainte pour contrefaçon et se pliant ainsi au souhait des éditeurs, les tribunaux ont rejeté ma demande de résiliation des contrats ce titre.

Une décision qui non seulement me prive de toute protection concédée aux auteurs français, mais vise également à me déposséder de ma création. Car, après avoir dénaturé mon travail et en dépit du préjudice qui m’est infligé, ces gens se voient encouragés à poursuivre l’utilisation de mon nom pour diffuser une production raciste et révisionniste qui discrédite mon travail d’historienne.

En effet, j’ai dû parfois affronter d’humiliants questionnements, comme à cette conférence à Vienne j’ai été interpellée par des lecteurs afro-germaniques qui, ignorant que j’avais été abusée, ont manifesté leur indignation de voir une intellectuelle noire se prêter à de telles manipulations sur l’histoire de l’Afrique. Là aussi comme ailleurs, il a fallu me justifier et expliquer mes difficultés à être entendue de la justice française.

Par chance, quelques médias et sites germanophones ont évoqué l’affaire, informant le public qu’on me faisait endosser la paternité d’un contenu tendancieux dont, en réalité, je ne suis pas l’auteur. Mais en France, aucun média n’a accepté d’en parler, alors que je suis un auteur français frappé d’un jugement d’exception pour le moins troublant dans une démocratie occidentale du 21e siècle, vu que de telles dérives auraient été jugées inacceptables si elles s’étaient exercées à l’encontre de n’importe quel auteur européen.

C’est donc le nouveau visage de la France, où la régression du droit n’indigne personne lorsqu’elle touche des citoyens estampillés « de la diversité ». Comment ne pas croire, en effet, que le thème de mon ouvrage autant que mes origines d’Antillaise née au Sénégal, ont dû être interprétés comme une circonstance suffisamment aggravante pour susciter cette jurisprudence d’exception, puisque jamais, à ce jour, une telle brèche n’avait été ouverte dans la protection des œuvres de l’esprit, comme le reconnaît même la Société des Gens de Lettres ?

Sylvia SERBIN - Exemple comparaison texte livre Reines d’Afrique et « traduction » allemande

Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire

NEFERTITI d’Egypte (P. 85 à 92)


26 paragraphes supprimés ou tronqués

Konïnginnen Afrikas


Version allemande

P 108 -118

Supprimé : P 85 §1 : Un buste vieux de 3300 ans, d’une perfection artistique inégalée, l’a rendue célèbre dans le monde entier. Mais la reine la plus mystérieuse de l’Egypte ancienne ne fut pas seulement belle, elle semble avoir aussi été une remarquable femme d’action de la XVIIIe dynastie, sous le Nouvel Empire.





Paragraphes supprimés et remplacés par les textes suivants:

P108 §1 : Un buste vieux de 3300 ans, d’une perfection artistique inégalée, l’a rendue célèbre dans le monde entier. Après tout nous savons aujourd’hui encore peu sur cette reine égyptienne d’exception, puisque l’égyptologie s’est avant tout occupé de son mari Akhenaton. Même si sa personne et sa vie sont toujours encore entourées de beaucoup de mystère, il semble que Néfertiti, d’après les récentes recherches, ait été une remarquable femme d’action et semble avoir joué sous le Nouvel Empire, dans la 18e dynastie (vers 1345 av J .C), un rôle décisif.

Supprimé : P 85 § 2 : Néfertiti serait venue au monde au XIVe siècle avant Jésus Christ, vers l’an 1381. Bien qu’aucune certitude ne puisse étayer l’histoire de temps aussi reculés, de l’avis de certains spécialistes, elle aurait pu être originaire du petit royaume du Mitanni qui, entre le XVIe et le XIVe siècle avant JC, domina la Haute Mésopotamie et le nord de la Syrie actuelle. Un royaume qui devait s’effondrer sous la pression de l'empire Hittite d'Anatolie et des Assyriens. Son père était vraisemblablement un des dirigeants de ce royaume qui entretenait des relations avec l’Egypte depuis l’époque du pharaon Thoutmosis IV, père d'Aménophis III. D’autres auteurs placeraient plutôt ses origines en Egypte même, et en font la fille d’un conseiller du pharaon Aménophis III, nommé Ay.

P108 § 2 : Néfertiti est venue au monde en 1380 av. JC. Son origine est incertaine. Certains égyptologues pensent qu’elle a été une princesse étrangère, d’autres supposent qu’elle venait d’Egypte. La dernière hypothèse dit que Néfertiti venait d’une famille non noble mais influente de Achmim en Haute-Egypte. Son père aurait pu être - et des inscriptions retrouvées sur des sépultures l’indiquent, Ay le secrétaire du roi Aménophis III. Sa mère est inconnue. Ay était pour sa part le frère de Tiy, une importante reine, épouse d’Aménophis III et mère d’Akhenaton (Aménophis IV). Ce qui veut dire que Néfertiti était parente de son époux. Et il est tout à fait possible que tous deux aient grandi dans la même ville et se soient connus depuis leur enfance.

Supprimé : P 85 § 3 : Cette princesse d’origine étrangère, pour rester proche de la première hypothèse, allait occuper une place singulière dans l’histoire de l’Egypte ancienne. A l’époque en effet, on parlait tant de la beauté de Néfertiti que le vieil Aménophis III, alors marié à la reine Tiy et qui occupait depuis plus de vingt ans le trône d’Egypte, envoya des messagers au roi du Mitanni pour lui demander la main de sa fille. Son vrai nom était Tadouchépa et lorsqu’elle arriva en Egypte, on la surnomma Néfertiti, c’est-à-dire « La belle est venue ».


P109 § 1 : La première hypothèse – Néfertiti n’était pas égyptienne-, a été fondée à cause de son nom Nofretete, en égyptien, Nafteta (en anglais et français, Néfertiti), ce qui signifie «La belle est venue ». On en conclut qu’elle était originaire du royaume de Mitanni situé entre l’Euphrate et le Tigre et qui avait des relations diplomatiques avec les pharaons du Nouvel Empire, mais qui a été anéanti un peu plus tard par les Hittites et les Assyriens. Dans le souci que les Hittites pourraient devenir dangereux pour les Egyptiens, le pharaon Aménophis III qui occupait le trône d’Egypte depuis plus de vingt ans, avait conclu des alliances avec les royaumes voisins. Entre autre chose, il avait aussi envoyé des messages à Tuschratta, le roi du Mitanni pour lui demander la main d’une de ses filles. Le roi répondit à sa demande et envoya au pharaon sa fille Tadouchepa. Elle arriva en Egypte suivie d’une cour d’environ trois cents personnes. Elle n’avait probablement pas encore quinze ans.

Supprimé : P 86 § 2: Il est vrai que ceux qui l’approchèrent en furent subjugués. Elle ne mesurait guère plus d’1m 40 - avec son visage délicat porté par un long cou gracile, ses yeux en amandes, sa bouche pulpeuse, une longue chevelure noire, ceinte d'un ruban de cuir orné de pierres précieuses et son corps aux formes anguleuses. Elle n’avait sans doute pas plus de quinze ans lorsqu’elle foula pour la première fois le sol égyptien.



Tronqué : P 86 § 5 : De l'embarcation qui longeait la côte, elle aperçut des édifices monumentaux. Statues gigantesques, obélisques, pylônes et temples aux murs scintillants, œuvres du grand architecte Amenothep, dédiés aux dieux d’Egypte. Oui, ce monde raffiné et opulent était bien différent de l'austère société dans laquelle elle avait été élevée, mais où le sens de la liberté était sacré.



Supprimé : P 87 § 2 : La felouque aborda enfin la terre ferme. Selon le protocole établi, les ambassadeurs du Mitanni attendirent l’arrivée des officiels venus accueillir la princesse. Puis vint le moment du départ. La princesse se leva de la cage prestement découverte par ses suivantes et alla prendre place sur un palanquin porté par huit esclaves. Deux grands Noirs l’encadraient, agitant vers elle de larges éventails en plumes d’autruche pour la préserver des entêtants assauts de mouches qui avaient trouvé un paradis en ce port débordant d’odeurs et de marchandises.



Supprimé : P 87 § 3 : Protégée par deux cohortes de soldats, Tadouchepa fut escortée par la foule jusqu'au palais où l’attendait le pharaon, debout au sommet d’un grand escalier de marbre. Sa couronne sur la tête, Aménophis III le sage était torse nu, ses hanches épaisses entourées d’un pagne de coton blanc orné d’une queue de léopard. Il tendit le bras à la princesse en signe de bienvenue et lui adressa quelques paroles d'accueil dans une langue incompréhensible pour elle. C’est ainsi que Néfertiti fit son entrée dans l’Histoire.


Supprimé : P 87 § 4 : L’union de Néfertiti et d’Aménophis III « le fastueux » dura peu. Celui-ci, malade et dans la force de l'âge, mourut quelque temps plus tard, en laissant un solide héritage politique et architectural à son pays. Devenue veuve à dix-huit ans, Néfertiti épousa en secondes noces le prince héritier Aménophis IV de quelques années son cadet. D’autres sources émettent l’hypothèse que Néfertiti aurait plus simplement appartenu au harem du vieux pharaon avant d’épouser son fils.


P 110 § 2 : On n’a pas de sources sur la façon dont Tadouchepa a été accueillie à Thèbes. Son mariage avec Aménophis III le fastueux s’est terminé peu de temps après par la mort du pharaon, si jamais le mariage a été conclu. Il y a aussi des chercheurs qui supposent qu’elle a seulement fait partie du harem du vieux roi et qu’elle est devenue l’épouse d’Aménophis IV, fils et successeur d’Aménophis III. Comme Tadouchepa n’est pas mentionnée par les sources, certains égyptologues, pourfendeurs de la première hypothèse, supposent qu’elle a changé de nom en arrivant en Egypte : Néfertiti.

Supprimé : P 87 § 5 : L’épanouissement qu'elle connut alors fut visible partout, même sur les bas reliefs qui illustraient les édifices officiels. A en croire, en effet, les rares vestiges de l’époque détaillant divers épisodes de leur quotidien, jamais couple de pharaons ne se montra plus uni. La grande épouse royale mit au monde six fillettes sans pouvoir donner d’héritier mâle au trône. Mais qu'importe. Ses grossesses successives n’entamèrent en rien sa légendaire beauté partout célébrée, d'autant qu’elle se prêtait avec grâce aux longues séances de pose des talentueux sculpteurs égyptiens dont elle fut certainement le modèle favori.

P 111 § 2 : Le moment précis où Néfertiti a épousé Aménophis IV ne nous est pas connu. Mais on sait qu’elle a été la femme principale – la grande épouse royale-, et qu’elle a vécu avec son mari les cinq premières années de leur régence à Thèbes et à Karnak. Dans ces années, elle mit au monde trois filles : Meretaton, Meketaton, et Anchesenpaton, qui ont toutes un nom qui rappelle le dieu soleil, et plus tard, après avoir déménagé dans la nouvelle capitale Achet-Aton, elle eut trois autres filles mais aucun successeur masculin.


Supprimé : P 88 § 2 : Bien que la plupart des témoignages relatifs à leur règne - frappé de malédiction pour avoir renié les anciens dieux d'Egypte- ait été effacée, Néfertiti exerça semble-t-il une influence considérable sur son jeune époux. Comme elle était issue d'une civilisation monothéiste d'Asie mineure, c'est à elle qu'on attribue en réalité l'introduction dans cet environ-nement polythéiste, d'une religion unique, celle du Dieu Soleil, qui allait bouleverser, le temps de leur règne, les croyances les plus profondes de l’Egypte ancienne.

Supprimé : P 88 § 3 : L’arrivée au pouvoir d’Aménophis IV fut en effet marquée par la violente opposition qu’il manifesta au puissant clergé voué au culte d’Amon, dieu tutélaire de Thèbes la capitale des pharaons. S’étant pris d’une ardente passion pour le disque solaire qu’il baptisa Aton, il tenta d'imposer une véritable révolution religieuse à son pays, à travers une série de réformes visant à faire disparaître les divinités millénaires du panthéon égyptien pour introduire un dieu unique et un culte national.

Supprimé : P 88 § 4 : Cette lubie de promouvoir une théologie monothéiste remettant en cause des traditions ancestrales, scandalisa les couches les plus orthodoxes de la société. Sourd au tumulte provoqué par une telle décision, le jeune pharaon, rebaptisé Akhenaton, c'est à dire "Celui qui est au service d’Aton", fit fermer les anciens temples et ordonna l’effacement total des images et symboles honorant les dieux officiels. Puis, sacrilège des sacrilèges, il se mit en tête de faire édifier quatre nouveaux temples à la gloire de la puissance créatrice du dieu soleil, juste autour du prestigieux sanctuaire de Karnak dédié par son père au dieu protecteur de l’Egypte. Ce temple servait aussi de fief aux grands prêtres d’Amon qui représentaient un véritable Etat dans l'Etat.

Supprimé : P 89 § 1 : Un véhément bras de fer l'opposa alors à ce clergé quasi souverain qui, depuis des siècles, participaient à la perpétuation du pouvoir théocratique. Furieux de la contro-verse suscitée par sa rébellion contre l'ordre établi, Akhenaton décida soudainement de quitter Thèbes pour se faire bâtir une nouvelle capitale. Ce fut Tell El Amarna la "ville de l’horizon", située sur la rive orientale du Nil, à mi-chemin entre l’ancienne ville royale et Memphis. En moins de deux ans, il fit surgir dans cette vallée désertique des bords du fleuve, une gigantesque ville de vingt mille habitants, dotée de palais, de temples, de jardins somptueux et d'un étonnant réseau de routes où circulaient de nombreux chariots. Cette ville mythique de douze kilomètres sur cinq sera dédiée à Néfertiti, alors au faîte de sa gloire et vénérée comme une grande prêtresse.



Supprimé : P 89 § 2 : Tyran, hérétique, visionnaire ou carrément dément de l’avis de ses détracteurs, Akhenaton n'en suscita pas moins un fort courant d'adhésion dans le milieu des arts ainsi que parmi le petit peuple. On considère ainsi que l'impact le plus important de sa révolution amarnienne (diffusée à partir de sa capitale Tell El Amarna) fut surtout d'ordre culturel. Rompant en effet avec un classicisme guindé qui prônait une représentation figée et idéalisée des personnages officiels, ce mouvement encouragea les artistes, désormais libérés d’un carcan reli-gieux trop pesant, à illustrer le monde de façon plus vivante.

Supprimé : P 89 § 3 : Alors que les souverains étaient traditionnellement mis en scène dans un cadre religieux ou guerrier – en train de faire des offrandes aux dieux ou de terrasser l’ennemi - pour la première fois, on vit apparaître des sculptures du pharaon dans l'intimité de sa vie familiale. Sur tel bas relief il enlaçait son épouse, sur tel autre, il jouait avec ses filles sur ses genoux, et toujours avec Néfertiti à ses côtés. Ce qui laisse supposer le poids de son influence. La création commença à s'inspirer de scènes de la vie quotidienne en sublimant le geste et le mouvement : paysans aux champs, boulanger fabriquant du pain, blé ondulant au vent, bergers nourrissant leurs vaches, exaltation de la faune, de la flore, de la nature...

Supprimé : P 90 § 1 : La littérature aussi s'ouvrit à une énergie nouvelle mais c'est la conception architecturale qui connut l'évolution la plus remarquable. Les temples et les demeures ne devaient plus être clos comme des sanctuaires fermés. Puisque le soleil était dieu, il fallait que la lumière entre dans les édifices : les rituels se célébrèrent sur des autels à ciel ouvert, en présence du peuple et non plus dans le secret alcôve des prêtres. Les temples se construisirent sans toits…comme cela se faisait dans le pays d'origine de Néfertiti. On assista à une transformation radicale des constructions où les maçons remplaçaient désormais les énormes blocs de pierre taillée des antiques pyramides par des pierres plus légères.

Supprimé : P 90 § 2 : Cette révolution religieuse fut cependant très éphémère. Atteint dans les dernières années de son règne par une grave affection qui le rendit obèse et lui déforma le corps, Akhenaton, sombra dans la déchéance physique. En outre, pendant tout le temps qu'il s'était consacré à l'adoration du soleil auquel il dédia de longs poèmes pleins de lyrisme, il n'avait montré que peu d'intérêt pour la conduite des affaires publiques. Il n’avait pas l’étoffe d’un soldat ni d’un homme d’Etat. Les généraux complotaient et les vassaux ne payaient plus leurs tributs. Incapable de faire face aux perpétuelles insurrections de clans bédouins attirés par les terres fertiles de la riche Egypte, il mènera finalement au bord du chaos le puissant empire que lui avait légué son père.

Supprimé : P 90 § 3 : Dans plénitude de sa féminité, Néfertiti n’entendait certainement pas mettre un terme à sa vie fastueuse ni renoncer à sa passion pour les arts à cause de la maladie invalidante de son mari ! C’est peut-être à ce moment là qu’elle commença à mener une double vie, même si extérieurement, elle semblait inaccessible et irréprochable. Derrière les murs épais de son palais, protégée par des gardes fidèles, elle recevait sa cour dans la plus grande discrétion. C’est sans doute à cette époque qu’elle posa pour le grand sculpteur Thoutmès, artiste renommé dont les splendides créations ont immortalisé sa voluptueuse beauté.

Supprimé : P 90 § 4 : Aigri par la maladie, fanatisé par son adoration du dieu Soleil dont il se voulait désormais l'incarnation sur terre et, de plus en plus perturbé par des hallucinations, Akhenaton finit par la répudier. Ce fut alors le déclin, la chute brutale. Le nom de la reine fut effacé de toutes les peintures murales. Les bas-reliefs furent recouverts de couches de plâtre afin qu’on n’y remarque plus son effigie. Ses magnifiques statues furent démolies à coups de marteau. Seules quelques rares pièces échappèrent miraculeusement à cette destruction acharnée. Parmi les reliques retrouvées, figure le célèbre buste, découvert en 1912 par des archéologues allemands sur un site de fouilles à Tell El Amarna, et aujourd'hui conservé au musée égyptien de Berlin.

Supprimé : P 91 § 2 : Néfertiti entra dans l’ombre, isolée dans son château du Nord de la ville. Elle y resta plusieurs années au point que le peuple, qui lui vouait une véritable dévotion, la crut morte et l’oublia.


P111 § 2 : Les sources sur la vie de Néfertiti proviennent de sculptures et d’illustrations qui ont été trouvées sur des sépultures et des bas-reliefs. Ils sont très expressifs car l’expression artistique, sous le règne d’Akhenaton, met l’individu à l’avant-plan. Des archéologues ont trouvé sur le grand temple d’Aton qu’Aménophis IV a fait construire à Karnak, de nombreux blocs dessinés et reconstitués, de sorte qu’aujourd’hui il existe plus de cinq cents illustrations du temps de Néfertiti à Thèbes. Elles montrent une femme très digne qui remplit ses taches avec assurance et responsabilité. Le fait que sur presque toutes les illustrations elle est représentée avec son mari et porte un couvre-chef réservé aux rois, prouve qu’elle a participé à toutes les décisions et qu’elle exerçait tous les actes rituels importants avec lui ; ce qui auparavant n’a jamais existé dans l’histoire d’Egypte.

Dans un autre temple d’Aton qui était plus petit, Néfertiti était prêtresse et faisait les sacrifices elle-même alors que c’était réservé au roi. Elle était accompagnée par ses filles. Dans la cinquième année de leur règne, Aménophis IV et Néfertiti changèrent leur nom en l’honneur du dieu soleil Aton. Ils se nommèrent alors Akhenaton et Neferne-feruaton-Néfertiti, (Belle est la beauté d’Aton, la belle est venue) et fondèrent la nouvelle capitale Achet-Aton (aujourd’hui Tell Amarna).

Déjà Aménophis III avait sorti de l’oubli le culte du soleil de l’ancien royaume et avait favorisé l’hommage au dieu Aton. Par cela, le pharaon voulait affaiblir la puissante caste des prêtres du dieu tutélaire de Thèbes, Amon, auquel était dédiée la plupart des temples et la plupart des sacrifices et voulait ainsi fortifier la position du roi. Akhenaton suivait les pas de son père en supprimant les dieux millénaires du panthéon égyptien en faveur d’Aton. Donc il remplaça le polythéisme par le monothéisme, fit fermer les temples, enlever les images et symboles des anciens dieux et fit construire des temples dédiés à Aton. La véhémente résistance, voire la rébellion, contre la nouvelle religion rendait urgente la fondation d’une nouvelle capitale. Néfertiti était l’inspiratrice de ces changements. Beaucoup d’égyptologues sont convaincus qu’elle a pris une part décisive à ces décisions et a même été la force qui poussait vers l’avant. D’un côté ceci est fondé sur son origine issue d’un royaume monothéiste et d’autre part aussi, sur le fait qu’elle a été élevée dans le même environnement culturel qu’Akhenaton et partageait ses convictions.

A Achet Aton, situé sur la rive est du Nil, à mi-chemin entre Thèbes et Memphis, Akhenaton fit bâtir une ville gigantesque pour plusieurs dizaines de milliers d’habitants, dotée de palais fastueux, de temples, de jardins somptueux et d’une large rue que le roi et la reine empruntaient, soit portés sur des litières ou sur des chars, souvent accompagnés de leurs filles, sous la liesse de la population, pour se rendre au temple pour les sacrifices. Les temples étaient ouverts vers le haut car le soleil étant divin, la lumière devait pouvoir y pénétrer. Les sacrifices – nourriture, boissons et fleurs- étaient officiés à ciel ouvert en présence de la population et non dans les salles sombres et secrètes des prêtres.

Sur les sépultures d’Amarna, les bas reliefs et les autels domestiques – que les archéologues ont trouvés ces dernières décennies, est conservée une multitude de portraits d’Akhenaton et de Néfertiti, des scènes de leur vie publique, des scènes de la vie quotidienne à la campagne et à la ville et, pour la première fois dans l’histoire de l’Egypte ancienne, également des scènes de la vie privée de la famille royale. Les rayons du dieu soleil au dessus de lui, le pharaon joue sur une stèle avec ses filles sur ses genoux, embrasse son épouse sur un relief où tous deux sont sur un char, en train de se regarder et Néfertiti, qui guide le cheval, offre ses lèvres à Akhenaton pour un baiser. Sur ces illustrations, la reine porte de longs vêtements légers ou transparents qui laissent apparaître son corps et son exceptionnelle beauté. La grande beauté et la grâce de Néfertiti sont louées aussi dans de nombreux hymnes évoquant par exemple « la belle de visage, la souveraine de la joie, douée de grâce et généreuse en amour ».

La joie de vivre, la sensualité et l’émotion qui parlent dans ces images laissent entrevoir, d’un côté la réalité de la vie du temps à Amarna, et d’un autre côté aussi honore et loue le dieu Aton pour sa création et sa grandeur sous les rayons desquels tout se trouve. Que le roi soit toujours représenté avec son épouse et qu’elle soit assise en face de lui à hauteur d’yeux, alors que sur les images des années à Thèbes elle se trouve de derrière Akhenaton, et en plus petit que lui, montre à quel point Néfertiti a élargi sa participation au pouvoir et quelle importance elle avait atteint dans la vie religieuse et politique.

Sur certaines représentations, Akhenaton apparaît avec un corps si déformé – visage très allongé et creusé, un ventre très arrondi – que l’on croyait qu’il aurait souffert d’une maladie grave. Dernièrement une autre thèse a été défendue selon laquelle le pharaon avait choisi une représentation inhabituelle pour se présenter à la fois en tant qu’homme et femme pour symboliser le dieu créateur. Ses filles sont le plus souvent représentées avec des arrières de tête très longues et déformées, ce qui laissait supposer qu’elles étaient atteintes d’une maladie héréditaire, l’hydrocéphalie. Si on reconnaît à travers les momies que la forme de tête allongée existait dans les familles royales, il semble ici qu’il s’agisse de la force créatrice du dieu soleil.

Sur une illustration de la sépulture royale d’Amarna, on peut reconnaître la mort d’une jeune femme. Il s’agit probablement de Meketaton, la deuxième fille. Devant le lit de la défunte se trouvent les parents désespérés et en pleurs et Akhenaton tend ses bras à Néfertiti pour la consoler. Que l’on puisse voir à côté des parents affligés des servantes qui emportent un enfant royal a laissé supposer que Meketaton serait morte bébé. Mais il y a aussi des suppositions selon lesquelles il pourrait s’agir d’un fils de Néfertiti, à savoir Toutankhamon.

Depuis la douzième année du règne d’Akhenaton, le nom de Néfertiti a été effacé. Des explications pourraient être : qu’elle mourut, qu’elle tomba en disgrâce, qu’elle ait été bannie ou évincée par Kija, la belle femme secondaire d’Akhenaton. Il y a aussi des suppositions qu’elle se serait tournée contre son époux, qu’elle aurait renoncé au culte d’Aton, qu’elle aurait cherché à s’approcher de nouveau des prêtres d’Amon et aurait finalement participé à l’installation de Toutankhamon comme pharaon. Des dernières recherches tendent à la supposition que Néfertiti a été co-régente d’Akhenaton. En effet, des festivités avaient eu lieu dans la deuxième année de son règne et de nombreux ambassadeurs de beaucoup de pays vinrent à Amarna. Et pendant la régence d’Akhenaton, on peut trouver une co-régente nommée Anchetcheperure-Neferneferuaton qui aurait pu être identique à Néfertiti puisque la deuxième partie du nom est identique.

Une série d’indices plaident pour une co-régence de Néfertiti, et avant tout une tête de granit retrouvée postérieurement et qui faisait apparemment partie d’une double statue du couple régnant ; et un bas- relief qui la montre en train de tuer des ennemis ; un autre où elle guide un char ; puis une représentation où Néfertiti pose une couronne d’honneur autour du cou de son mari et finalement une image où les deux se retrouvent face à face à hauteur d’yeux. Sur cette image, la reine qui a vieilli donnait une impression de plus grande vitalité que le roi. Les deux sont ornés d’un serpent, celui du roi est immobile et celui de la reine se retourne comme pour éviter une attaque. La conduite d’un char est réservée aux hommes. Tuer des ennemis est réservé au roi. Malgré ces indices multiples qui plaident pour une plus grande indépendance de Néfertiti et la font sortir de plus en plus de l’ombre d’Akhenaton, il n’y a pas encore de preuves archéologiques irréfutables pour appuyer la thèse que Néfertiti aurait été co-régente.

Supprimé : P 91 § 3 : Au décès d'Akhenaton après dix-sept ans de règne, vraisemblablement entre 1372 et 1379 avant Jésus Christ, Néfertiti, âgée seulement d'une trentaine d'années, se remit à espérer. Et si elle tentait de retrouver son influence passée pour, qui sait, régner un jour sur l’Egypte, momentanément dirigée alors par le mari de sa fille Méritaton ? Certains disent même qu'elle assura une courte régence dans la confusion politique qui suivit le décès du pharaon, alors que le pays, fragilisé au plan interne, était menacé par plusieurs fronts ennemis. Toujours est-il que la reine déchue dicta à son scribe plusieurs messages pour le roi des Hittites d'Anatolie, qui représentait pourtant une sérieuse menace sur le flanc nord de l’Egypte. Ce roi, il est vrai, venait de prendre le contrôle du Mitanni, pays d'origine de Néfertiti.

Supprimé : P 91 § 4 : Dans une de ces lettres découvertes dans la capitale hittite de Hattousas, elle sollicitait d’un ton désespéré l'appui du roi conquérant pour récupérer le trône d'Egypte. Elle alla jusqu'à proposer sa main comme monnaie d'échange s'il consentait à l'aider ! "Mon époux est mort, disait en substance cette missive, et je n’ai pas de fils. Les gens disent que tes fils sont adultes. Si tu m’envoies l'un d'entre eux, il deviendra mon époux car je ne veux prendre aucun de mes sujets pour époux".



Supprimé : P 91 § 5 : Mais l’Egypte vacillait sur ses fondations. Le monothéisme si difficilement imposé était maintenant traqué avec vigueur par les nouvelles élites politiques. En sollicitant l’alliance des Hittites, Néfertiti espérait mettre un terme aux guerres désastreuses qui opposaient les troupes égyptiennes à de belliqueux voisins. Elle ne voulait pas renoncer à insuffler une nouvelle vitalité à son pays et rêvait de le ramener à sa grandeur passée.

Supprimé : P 92 § 2 : Mais il était trop tard. Son étoile avait pâli. Dans la lutte pour le contrôle du pouvoir, les alliés de l’ancien pharaon furent les plus forts. Le jeune Thoutankhaton âgé d’une dizaine d’années fut installé sur le trône et on le maria avec la fille cadette de Néfertiti, Ankhesenpaaton. Bien encadré par d'ambitieux mentors, au rang desquels le général Horemheb (qui prendra plus tard la place comme dernier pharaon de la XVIIIè dynastie), il rétablit le culte ancestral d’Amon, regagna Thèbes, l’ancienne capitale, et prit le nom de Toutankhamon. Les temples d'Aton furent rasés et leurs pierres réutilisées à d'autres constructions.



Supprimé : P 92 § 3 : La "ville de l’horizon", dernier vestige de la puissance de Néfertiti devint une cité fantôme. Progressivement désertée par les courtisans, vidée de ses habitants et de l’ancienne administration royale, elle se retrouva abandonnée de toute vie. Néfertiti, reine proscrite, dépossédée de son pouvoir et de ses richesses, n’était désormais plus que l’ombre d’elle-même, après avoir été la femme la plus puissante de son époque. C’est dans une totale solitude qu’elle s’éteignit dans son palais de Tell El Amarna probablement à l’âge de 37 ans.



Supprimé : P 92 § 4 : L'image promue d'elle aujourd'hui ne souligne que sa beauté. Pourtant rarement épouse de pharaon eut une telle influence dans l'histoire de l’Egypte.


P116 § 2 : Akhenaton mourut probablement dans la dix-septième année de son règne en 1334 av JC. Sur un sarcophage que de nombreux égyptologues croient être celui de Néfertiti, elle est représentée comme une déesse qui tend ses bras autour du sarcophage et protège symboliquement la dépouille à l’intérieur.

Qui a succédé à Akhenaton n’est pas clarifié. Certains archéologues pensent avoir trouvé des indices que Néfertiti est montée sur le trône sous le nom d’Anchetcheperure dans la continuité de sa co-régence. Il y a aussi des indices en faveur d’un pharaon, Semenkare et de son épouse Meretaton, fille aînée de Néfertiti et Akhenaton. On est sûr seulement de la régence de Tutenchatons qui était marié avec Anchesenpaamun, la troisième fille du couple royal.

Dans la troisième année de son règne, il rétablit - sous la pression des prêtres d’Amon et des anciennes élites, parmi lesquelles le général Haremhab qui devint plus tard le dernier pharaon de la dynastie -, le culte d’Amon, déménagea avec sa cour à Memphis, changea son nom en Toutankhamon et celui de sa femme en Anchesenpaamun. Partout on dressa des temples d’Amon ou on les rénova.

En ce qui concerne la politique extérieure, le royaume avait des difficultés avec les avancées des Hittites contre les Etats vassaux de l’Egypte. Longtemps après la mort d’Akhenaton, ont été trouvées, conservées dans les sources historiques hittites – des tablettes d’argile avec des textes en écriture conique – des lettres dans lesquelles la veuve d’un roi égyptien écrit au roi hittite Suppiluliumas, pour lui demander un de ses fils comme époux. « Mon époux est mort, disait en substance cette missive, et je n’ai pas de fils. Les gens disent que vos fils sont nombreux. Si vous m’envoyez l'un d'entre eux, il deviendra mon époux car je ne veux prendre aucun de mes sujets pour époux. »

Suppiluliumas répondit à sa demande et envoya en Egypte son fils Zananza, que Haremhab fit assassiner. Comme l’auteur de la lettre est nommé seulement « Dachamunzu » (l’épouse du roi), et que la lettre n’est pas datée, on ne peut que spéculer sur l’identité de la veuve. Il pourrait s’agir de Néfertiti qui aurait pu tenter une alliance avec les Hittites pour une stabilisation de sa politique étrangère. Mais il pourrait s’agir aussi de Kija ou Meretaton ou Anchesenpamun, cette dernière ayant pu rechercher de l’aide auprès des Hittites après la mort précoce de Toutankhamon.

La mort de Néfertiti reste dans l’ombre. Plusieurs fois des archéologues ont cru avoir trouvé sa momie, mais jusqu’à présent ce fut toujours une erreur. Comme les successeurs d’Akhenaton ont effacé toutes les images de l’hérétique et de son épouse et ont fait détruire Achet-Aton, on ne sut rien durant trois mille ans sur la belle et puissante reine de l’Egypte ancienne. C’est seulement lors de fouilles archéologiques au moment de la guerre d’Egypte de Napoléon que l’on découvrit Achet-Aton et, peu de temps après, des images d’un couple royal inconnu, que Néfertiti revint sur la scène de l’histoire du monde.

En 1912 l’égyptologue Ludwig Borchardt trouva lors de fouilles à Amarna, précisément dans l’atelier du sculpteur Touthmôsis, le buste de Néfertiti, pratiquement immaculé grâce au climat du désert. Lorsqu’elle fut exposée pour la première fois en 1924 à Berlin, ce fut une sensation. Depuis, des millions de personnes lui ont rendu hommage.

NB: Pièce jointe : " Jurisprudence-discriminatoire-livreReinesdAfrique.doc "

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