Peter Bossman, premier maire noir d'Europe de l'Est

Peter Bossman, premier maire noir d'Europe de l'Est

 
Peter Bossman est né au Ghana il y a 54 ans. Signe particulier : premier maire noir des Balkans. Celui que l’on surnomme déjà « le Barack Obama de Piran » se sent slovène, même s’il a encore du mal à parler la langue. Il été élu sur les listes du Parti social-démocrate.
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Peter Bossman sur la place centrale de Piran

Le second tour des élections municipales en Slovénie fait couler de l’encre dans la presse internationale. Et pour cause, la ville côtière de Piran aura à sa tête un maire noir !

Une première dans cette région d’Europe où les gens de couleurs ne font pas vraiment partie du paysage quotidien. Ils sont en effet une poignée de Noirs à être restés dans les villes de leurs études, où les avait conduits dans les années 1970, les chemins hasardeux de la politique du non-alignement. Bref, les médias étrangers ont déjà surnommé le nouveau maire, l’ « Obama de Piran ».

Encore faut-il préciser – pour souligner l’originalité ou le mérite du nouvel élu, selon le point de vue - qu’à la différence de l’occupant actuel de la Maison blanche, Piran a à sa tête un Africain venu d’Afrique.

Et sa biographie de le prouver. Peter Bossman a aujourd’hui 54 ans ; il est arrivé en Slovénie en 1977 pour y faire des études de médecine qu’il a achevées en 1985 à l’université de Ljubljana. La même année, il a épousé Karmen Lakovič, également médecin, avec laquelle il a eu deux filles.

Le nouveau maire de Piran affirme se sentir slovène même s’il n’est jamais parvenu à maitriser couramment la langue. Il ajoute toutefois que certains souvenirs et saveurs de son Ghana natal lui manquent mais qu’il essaie de se rendre dans son pays d’origine au moins une fois tous les deux ans pour visiter la famille et ne pas complètement couper les ponts.

Mais que dit le maire lui-même de sa victoire ? Que c’est avant tout le signe que la société slovène a évolué et qu’elle est profondément démocratique. « Certes, quand je suis arrivé en Slovénie, je sentais bien que certaines personnes m’évitaient, mais les choses ont évolué depuis une quinzaine d’années. Et puis mon élection est la preuve que les gens ne me considèrent plus comme un Noir ou un médecin étranger mais comme un bon médecin et tout simplement comme un homme ».

Précisons encore que Peter Bossman a été élu sur les listes du Parti social-démocrate (centre-gauche), qui ne l’a pas toujours soutenu dans cette campagne et, pour l’anecdote, qu’il voue une passion aux belles voitures.

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