Gbagbo n'est pas le problème, le problème, c'est le retour à l'impérialisme colonial français , a-t-il dit

Le sénateur américain James Inhofe a accusé mardi la France de mener une politique néo-colonialiste en Côte d'Ivoire et demandé au département d'Etat que l'exil soit accordé à Laurent Gbagbo dans un "endroit où il ne soit pas assassiné".


"Je renouvelle mon appel pour une audition devant la commission des Affaires étrangères, sur les bombardements et les massacres par les Nations unies, la France et les rebelles de Ouatarra", a déclaré Inhofe devant le Sénat.

Le sénateur républicain, un proche du président sortant Laurent Gbagbo et de son épouse Simone, arrêtés lundi à Abidjan, en était à son cinquième discours devant le Sénat sur la Côte d'Ivoire en une semaine pour dénoncer l'action de la France et des Nations unies à Abidjan.

"J'ai averti les Nations unies et les Français quatre fois la semaine passée qu'ils auraient du sang sur les mains s'ils continuaient à soutenir les forces rebelles d'Alassane Ouatarra", a-t-il dit en montrant des agrandissements de photos de personnes qui auraient été tuées par les rebelles 
à Duékoué. 

"Gbagbo n'est pas le problème, le problème, c'est le retour à l'impérialisme colonial français", a-t-il dit.

Par ailleurs, le sénateur a affirmé que des brutalités auraient été commises contre le couple Gbagbo lors de son arrestation.

Il demande au département d'Etat que l'exil soit accordé à M. Gbagbo dans un "endroit où il ne soit pas assassiné", a dit le sénateur, avant de précisé que celui-ci ne devait pas être jugé car cela signifierait pour lui "la prison à vie".

"J'aime les Français", a dit le sénateur à l'AFP, mais "ils ont complètement tort en ce qui concerne leur politique en Afrique sub-saharienne".

De son côté, le président des Etats-Unis Barack Obama a appelé mardi Alassane Ouattara pour le féliciter de sa prise de fonctions "en tant que président démocratiquement élu de Côte d'Ivoire" et l'assurer de son soutien, a annoncé la Maison Blanche.

Les éditorialistes français mettent l`accent mardi sur les défis qui attendent le président ivoirien Alassane Ouattara après la chute de son rival Laurent Gbagbo et s`interrogent sur les conséquences de l’intervention militaire directe de la France, ex-pouvoir colonial.

"Ouattara a peut-être gagné mais sa victoire hier montre les faiblesses du président élu il y a quatre mois", relève François Sergent dans Libération.

"Ce n`est pas lui qui a finalement délogé et fait plier son rival, Laurent Gbagbo, mais les forces de l`ONU menées par l`armée de l`ancien colonisateur." "Le pire, une guerre civile sans frein, a sans doute été évité", estime Laurent Marchand dans Ouest France. "Le plus difficile commence pourtant: la pacification."


"Gbagbo a été arrêté. Si cette issue ne peut que réjouir puisque potentiellement synonyme de fin de massacres et de terreurs pour les populations, il est permis de s'inquiéter des conséquences de l`intervention militaire directe de la France", énonce Pierre Bastien dans La Marseillaise.


"+Le cauchemar est terminé+. On voudrait tellement croire cette affirmationde l`ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro !, renchérit Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d`Alsace. Mais "la violence du conflit va laisser des traces qui ne s`effaceront pas sous l`effet de la volonté de l'Onu", poursuit l`éditorialiste.

"Les conditions de la défaite finale de Gbagbo affaiblissent, paradoxalement, la légitimité de la victoire de son vainqueur. Toutes les précautions oratoires prises par Paris n'y changeront rien : Alassane Ouattara restera, dans les esprits, un président installé parles bombardements et les hélicoptères français..." "Que la Licorne française ait mis un doigt de pied dans la résidence de Gbagbo ou pas, de toute façon l`assaut final n'aurait pas pu réussir sans l'intervention encore plus directe des hélicoptères, des chars et de forces spéciales françaises", résume Xavier Panon de La Montagne.


Pour Hervé Favre de La Voix du Nord, "la reddition de Laurent Gbagbo met fin à une situation surréaliste" sans garantir "pour autant le retour rapide à la paix civile". "La volonté des gagnants de traduire Laurent Gbagbo devant la justice ne plaide pas pour une réconciliation rapide, surtout si les enquêtes sur les exactions s'arrêtent à la porte du vainqueur", poursuit-t-il.

"Seule la capture de Laurent Gbagbo pouvait ouvrir la voie à l`apaisement en Côte d`Ivoire", où "la crise n`est pas finie". Le nouveau président devra, aussi, "prouver qu`il n`est pas la marionnette de la France", ce qui pourrait se révéler une tâche "ardue", souligne Patrick Fluckiger dans L'Alsace.

"En attendant", ironise-t-il, "les fortes paroles de Nicolas Sarkozy, qui avait juré de rompre avec la vieille pratique des interventions armées de la France en Afrique, sont à ranger au rayon, déjà bien garni, des effets de manche non suivis de concrétisation".

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