ARCHIVES - Esclavage en Guadeloupe : les grandes dates

Esclavage  en Guadeloupe : les grandes dates

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Décembre 1644 : importation dans l’île des premiers esclaves.

En octobre 1653, les Caraïbes exaspérés par les dévastations systématiques de leurs villages, attaquent de l’île de Marie-Galante et déclenchent un gigantesque incendie qui pouvait être aperçu de la Guadeloupe.

La répression ne tarde pas.

 

Les Caraïbes attaquent alors Marie-Galante et les Saintes à trois mois d’intervalle.

Le chef caraïbe Baron, agent de renseignements des Français est arrêté à Marie-Galante. Son fil Martinet, pour avoir tenté de le faire libérer, est fusillé avec deux de ses amis.

En 1654, la population guadeloupéenne s’enrichit de 800 habitants : 300 hollandais chassés du Brésil avec leurs biens considérables, 200 femmes et 300 soldats.

La même année : arrivage considérable de denrées de première qualité : les esclaves déportés d’Afrique.

A la fin de la période esclavagiste, on estimera leur nombre à 40 millions (à l’échelle mondiale).

20 % de pertes environ, tel est le bilan des transports des nègres.

-   sur L’Aimable Suzanne : 96 cadavres sont jetés aux requins.

-   le capitaine Saint-Jacques perd 47 captifs dont les boyaux sont rongés par les vers.

-   sur le Trois Soleils, 14 femmes sont jetées à la mer.

L’esclavage entraîne beaucoup de suicides individuels et collectifs. Certaines mères enfoncent dans la fontanelle de l’enfant une épingle sale au moment de l’accouchement. Le tétanos mortel qui s’ensuit leur épargne ainsi un futur esclavage.

La vente aux enchères a lieu dès l’arrivée au port. Le nom du maître est estampé au fer chaud sur la poitrine de l’esclave.

Ceux qui le peuvent s’évadent. Ce sont les « nègres marrons ». Ils s’organisent en guérilla, incendient les récoltes, empoisonnent leurs maîtres…

Le marronnage encourt diverses peines :

-   oreilles enlevées,

-   jarrets coupés,

-   explosion de la victime supportant un carcan, clouée par une oreille à un poteau et bâillonnée d’un linge frotté de piment la faisant baver.

En 1656, un grand soulèvement d’esclaves est mené par Jean Leblanc, natif d’Angola et Pèdre, natif du Cap Vert. Ils tiennent quinze jours dans la région de Capesterre mais sont massacrés, Pèdre et Leblanc écartelés.

En 1657, un ouragan ravage la colonie. Houël retourne en France. Boisseret meurt. La famille se dispute l’île et la vente en est décidée. Le 10 juillet 1664, la Guadeloupe est rachetée pour 120.000 livres par la Compagnie des Indes Occidentales fondée le 13 mai 1664 par Colbert.

1664 : des Caraïbes aident les Français dans leur guerre contre les Anglais.

En 1670, on compte en Guadeloupe : 3.083 blancs, 4.267 esclaves noirs, 47 métis.

1674 : la Compagnie des Indes Occidentales se trouve ruinée à son tour à la suite des ouragans incessants qui ravagent l’île, mais aussi à la suite de l’incessant conflit franco-anglais concernant les colonies d’Amérique.

En 1691, à l’Anse à la Barque a lieu le premier combat auquel participe une formation de noirs. L’aide major Bardenave, 25 soldats blancs et des esclaves armés à cette occasion résistent trois longues heures à un assaut des Anglais et en tuent une soixantaine.

1703 : retour des Anglais.

Les esclaves se battent selon les méthodes caraïbes. Rôdant autour des camps anglais, ils égorgent les isolés. Sur 4.000 Anglais, la moitié en périt.

Les religieux freinent l’émancipation des sangs mêlés. Le baptême est donné au petit mulâtre si la mère se présente à l’église la corde au cou et un cierge à la main.

En 1722, trois noirs accusés d’avoir empoisonné des troupeaux sont brûlés.

En 1728, une léproserie est créée à Désirade. Tout lépreux en fuite ou toute personne lui prêtant assistance est fusillé.

1737 : le noir Latulipe fomente une révolte, ses compagnons et lui-même sont roués vifs et pendus.

Entre 1738 et 1740, 829 esclaves sont victimes de la famine qui ravage la Guadeloupe.

En 1777, il y a deux régiments en Guadeloupe : l’Armagnac et Le Guadeloupe.

 

Dans la nuit du 13 au 1 janvier 1778, le colon Levanier Saint-Robert et quatre militaires de L’Armagnac se rendent chez Duchateau, oncle de Saint-Robert et le tuent ainsi que son domestique, le nègre Louis.

Les assassins sont arrêtés et doivent être exécutés le 10 février, place de l’Eglise Saint-François. Le colonel Lowendal désigne un détachement de L’Armagnac commandé par les frères Kerguien pour assister à l’exécution. Un détachement du régiment de Guadeloupe doit lui aussi assister au supplice. Les deux détachements se font face, la potence les sépare.

Il y a de nombreux spectateurs. Les condamnés arrivent accompagnés des Pères Etienne et Pocard. Trois militaires sont exécutés en premier. A peine Saint-Robert et un militaire sont-ils  sur l’échafaud que le capitaine Kerguien donne à son escouade l’ordre d’ouvrir le feu, tuant ainsi Saint-Robert, son compagnon, le bourreau, les deux Pères, quelques militaires du Guadeloupe et quelques spectateurs. Le régiment Guadeloupe riposte à son tour, touchant à mort deux frères Kerguien et des militaires de l’Armagnac.

L’exaspération est à son comble. Les maisons avoisinantes sont dévastées. Un soldat assassine à coup de baïonnette le chirurgien Briac, les soldats tirent au hasard sur les passants.

Ce léger incident colonial sera responsable de la mort de 300 personnes dont 15 militaires et officiers.

Les traitements de faveur réservés aux esclaves suivent leur cours :

-    le Baron de Wimpffen cite le cas d’un petit blanc qui fit entrer un nègre dans un four à chaux,

-    d’autres blancs brûlent de la poudre « au cul » d’un nègre,

-    certains enfoncent des tisons ardents ou de la cire bouillante dans le vagin des femmes,

-    d’autres encore enterrent vivant un nègre jusqu’à la tête, celle-ci étant enduit de sucre.

Les nègres marrons trouve refuge et protection dans les villages caraïbes et forment des groupes de résistance destinés à harceler les colons.

1789 : Révolution Française.

Des députés coloniaux sont admis à l’Assemblée Constituante.

A cette date, on compte en Guadeloupe : 13.712 blancs, 3.058 noirs libres, 89.823 esclaves.

Le 15 avril 1790, un complot d’esclaves est découvert à Goyave, Petit-Bourg et Capesterre : 5 esclaves sont exécutés.

Le 15 mai 1791 : le mulâtre Jean-Louis se révolte à Sainte-Anne. Dénoncé avant d’entrer en action, il est exécuté avec d’autres noirs.

Le même mois, à Marie-Galante, une expédition est conduite par Bonhomme et Zéphir : ils sont pendus.

En 1792, un envoyé républicain, Lacrosse, s’apprête à débarquer en Guadeloupe.

Le 7 décembre : mouvement insurrectionnel contre les colons royalistes à Pointe-à-Pitre, avec la participation des classes moyennes et des noirs.

5 janvier 1793 : Lacrosse entre à Pointe-À-Pitre.

6 février 1793 : Le Général Collot devient gouverneur.

20 avril 1793 : à Trois-Rivières, Jean-Baptiste et 243 noirs tuent une vingtaine de blancs et font une entrée triomphale à Basse-Terre. Ils sont bientôt emprisonnés et désarmés.

7 juillet 1793 : une poignée d’aristocrates (le chevalier de Saint-Pierre, de Bragelogne, d’Orghemans, etc.) sont tués au fort Saint-Charles.

Dans la nuit du 28 au 29 août, à Saint-Anne, Auguste, André Marie, Noël et Jean-François se révoltent à la tête de 1.200 esclaves. Après des combats acharnés, ils sont massacrés par Collot.

Accusés de complot à la montagne Saint-Louis, au Baillif et à Saint-Robert, de nombreux leaders noirs sont exécutés, dont Maximin inculpé pour avoir simplement permis une réunion dans sa case.

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