ARCHIVES - 1802 : Rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe

1802 : Rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe

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Le 6 mai 1802, l’escadre de Napoléon est en vue de la Guadeloupe. Elle doit rétablir l’esclavage dans le plus bref délai. Le général Sériziat occupe Marie-Galante et s’empare du leader noir Lapoterie. Pélage intervient à son tour et les chefs de la manifestation noire de Pointe-à-Pitre sont arrêtés : Noël Péron, Fafa et Ballas.

 

Le général Richepance débarque avec ses 3.740 soldats, ordonne aussitôt de dégarnir les forts et de remplacer les soldats noirs par ses propres troupes. Le capitaine Rougier occupe le fort de la Victoire. Ignace (qui devait tuer ce capitaine quelques jours plus tard) prend alors le maquis avec sa compagnie.

Pélage donne l’ordre à ses soldats de se rendre dans la plaine de Stiwenson à un kilomètre du pont des Abîmes où ils sont désarmés et enchaînés à bord des navires de Napoléon. Quelques officiers et soldats fuient (Massoteau, Codou, Corbet, etc.) et se rendent à Basse-Terre. Massoteau se noie durant ce trajet. Ignace arrive le 8 mai 1802 à Basse-Terre. Mondésir Grippon se joint à Delgrès.

Le général Richepance et Pélage dépêchent 2.100 soldats barrer la route aux insurgés mais Basse-Terre et le fort Saint-Charles résistent. Les troupes de Pélage prennent pourtant pied au Baillif. Le capitaine guadeloupéen Nicolo est tué au cours des combats. Inférieurs en nombre et mal armés, les Guadeloupéens se retirent alors sur la rive gauche de la rivière des Pères.

Le général Seriziat fait systématiquement abattre tous les Guadeloupéens qui croisent sa route.

Le 11 mai 1802, Richepance, Gobert et Pélage occupent une partie de Basse-Terre et les hauteurs de Delos et de Bellevue.

Le lendemain, les Guadeloupéens Doria, Sans-Peur et Noël Corbet créent une diversion tandis que Delgrès contre-attaque sur les hauteurs avec Ignace, Kirwan, Gédéon et Dauphin. La mulâtresse Solitude, enceinte, et d’autres Guadeloupéennes participent à ces combats.

A la suite de la défaite momentanée du Général Richepance, le gouverneur anglais Cochrane-Johnston lui fait parvenir des canons.

A Dolé, Palème et Jacquet, appuyés par 200 noirs, s’opposent à 900 Français qui prennent bientôt la fuite avant d’être rejoints à Trois-Rivières par le général Seriziat à la tête d’un bataillon.

Afin d’aider Richepance à circonvenir un incendie à Basse-Terre, Delgrès fait une trêve avec celui-ci qui s’empresse alors de charger Pélage d’armer 600 soldats noirs prisonniers à Pointe-à-Pitre pour attaquer le fort Saint-Charles, refuge de Delgrès.

Seriziat, bloqué à Trois-Rivières et guidé par les colons, contourne Dolé et attaque quant à lui, le poste de Palmiste (où le lieutenant guadeloupéen Télémaque est tué) avant de faire sa jonction avec les troupes de Richepance.

Les Français attaquent alors Dolé mais sont battus par Palème et Jacquet. Le lieutenant Guigaud est fait prisonnier puis fusillé pour l’assassinat de trois Guadeloupéennes.

A Basse-Terre, sur 153 habitations, 26 sont incendiées, 72 dévastées, 21 colons massacrés.

Au Morne Rouge, les patriotes exécutent le juge Amaury.

Le 22 mai, Delgrès, pour éviter de tirer sur ses frères de couleur, abandonne Saint-Charles avec 400 hommes. Ignace, quant à lui, rejoint la Grande-Terre pour soulever le peuple. Pélage et Gobert se lancent aussitôt à sa poursuite. Ignace temporise et ne prend pas Pointe-à-Pitre pourtant à sa portée. Pélage y lève alors des renforts, tandis qu’Ignace se retranche au fort de Baimbridge.

Le carnage commence : 675 noirs dont Ignace et l’un de ses fils périssent : 250 survivants comprenant des femmes et des blessés sont arrêtés ; 150 sont fusillés place de la Victoire, les 100 derniers sur le rivage de Fouillole. Parmi les fusillés un deuxième fils d’Ignace.

Le 28 mai, l’assaut final est donné contre Delgrès au Matouba. Kirwan se suicide. Delgrès blessé se fait sauter avec ses 300 hommes.

La répression qui s’ensuit est aussi sauvage qu’implacable :

-    Marie-Rose Toto, femme de Delgrès, est fusillée ;

-    le capitaine Dauphin, blessé, est pendu ;

-    la mulâtresse Solitude (enceinte) est suppliciée ;

-    les capitaines Mondésir Grippon, Doria, Sans-Peur, Monnereau, aide de camp de Delgrès et beaucoup d’autres sont pendus ;

-    10.000 noirs sont massacrés ou déportés. Tous les soldats noirs chassés de l’armée.

Dans les montagnes, quelques rescapés résistent (Palème, Jacquet, Noël Corbet, Fourme et Codou).

Des volontaires sont engagés pour « chasser le nègre ». Une tête de nègre est payée un moede, un fusil de nègre : trois gourdes (monnaie haïtienne).

Pélage est arrêté et déporté en France avec 32 officiers noirs.

8.000 des 15.000 métis sont remis en servitude et vendus au Trésor Public.

Le mariage inter-racial est interdit aux noirs. Le territoire métropolitain leur est fermé.

1802 : la fièvre jaune ravage la colonie et cause la mort de nombreux blancs (les généraux Seriziat et Richepance en meurent), la responsabilité en est imputée aux infirmiers noirs qui sont tous fusillés.

Gobert retourne en France.

Lacrosse redevient gouverneur et poursuit les nègres marrons avec l’aide de de Vermont.

Ceux qui sont pris sont pendus ou brûlés vifs, ceux qui refusent de participer à cette chasse sont exécutés.

Trois chasseurs de nègres sont tués au cours d’une attaque menée par les marrons contre le poste du Lamentin.

En octobre 1802 à Saint-Anne, les blancs Barse, Millet de la Guardière et Jean Barbet se révoltent avec les noirs. Vingt-trois colons tombent sous les coups des guérilleros. Une centaine d’exécutions en résulte et dans l’espace de quatre mois, 72 patriotes sont condamnés à mort et exécutés.

Le 13 mai 1803, des insurgés, dirigés par Fourme tiennent encore le maquis sur le Morne Moudongue.

En novembre 1805, le patriote Fourme qui s’est retiré sur les hauteurs de Capesterre est trahi par ses lieutenants et capturé par les colons.

1807 : deux propriétaires de Grande-Terre s’emparent d’un vieux noir et le brûle sur un bûcher.

1808 : trois noirs sont pendus pour avoir répandu le bruit que les esclaves allaient de nouveau retrouver la liberté.

Le 27 janvier 1810, les Anglais débarquent à Sainte-Marie, plage de la Guadeloupe, ils obligent le gouverneur Ernouf à capituler et occupent la Guadeloupe jusqu’en 1814. Ils en partent le 7 décembre 1814 pour y revenir le 10 avril 1815 jusqu’au 25 juillet 1816.

En octobre 1822, deux Guadeloupéens aident les esclaves de Porto-Rico à se révolter. Pierre Dubois est fusillé, seul Pierre Binet parvient à s’échapper.

1826 : création de la Banque de la Guadeloupe.

1837 : Auguste Bedian dirige l’Ecole mutuelle de Basse-Terre qui diffuse des idées d’avant-garde.

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