ARCHIVES - 1794 : Première abolition de l’esclavage en Guadeloupe

1794 : Première abolition de l’esclavage en Guadeloupe

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Le 4 mars 1794, des noirs résistent dans la maison Muy, quelques-uns sont tués, deux se suicident. 200 sont emprisonnés. Un colon et son nervi assassinent le noir Gentil.

Les Anglais débarquent alors, appelés par les grands blancs royalistes.

En 1794, lors de l’occupation anglaise, le nègre Jean du Gosier participe ardemment à la chasse aux colons républicains.

Les commissaires délégués par la Convention, Chrétien et Victor Hugues, font voile vers la Guadeloupe avec 1.500 hommes.

Le 4 juin 1794, la flotte se trouve en vue des côtes guadeloupéennes. Victor Hugues apporte « la liberté » aux esclaves par un décret du 4 février  1794 et proclame « l’abolition de l’esclavage ».

6 juin 1794 : attaque du fort Fleur d’Epée, où sont retranchés les Anglais. Des noirs combattent avec les républicains de Victor Hugues et de Chrétien ainsi que les deux Guadeloupéennes Dandane et Presson. Le nègre Vulcain est fait capitaine. Des détachements entiers de noirs sont alors créés et des officiers formés.

A la bataille de Pointe-à-Pitre, les républicains sont victorieux. Ils tuent l’émigré Madière devenu guide des Anglais et 800 Anglais dont 23 officiers (Madière n’est pas fusillé mais tombe au cours du combat). Victor Hugues fait mettre à mort près de 900 colons et complices dont une centaine de noirs. De Vermont, à la tête des royalistes rescapés, s’enfuit avec les Anglais.

Pendant tout ce temps de colonisation, les luttes d’influence les plus diverses se donnent libre cours allant jusqu’au meurtre entre colons guadeloupéens des îles avoisinantes ou de France, colons français et anglais ou encore républicains et royalistes. On peut facilement imaginer les péripéties comiques et pathétiques des pillards blancs de toute tendance qui continuent encore à notre époque à se voler les uns aux autres ce qu’ils ont dérobé aux Guadeloupéens.

En 1794, les noirs Jean-Charles, Séraphin et Cyriaque attaquent l’habitation Emery Dubois au Gosier.

1795 : révolte des noirs au deuxième bataillon. Mathurin tient le maquis avec une centaine de ses frères. Apparition des premiers corsaires guadeloupéens dont quelques noirs. En quinze ans, ils prennent 1.500 navires.

Entrée à Pointe-à-Pitre du bataillon des Antilles composé de 500 blancs et 200 noirs. Parmi eux le noir martiniquais Magloire Pélage.

1797 : Goyote, Adon, Jolicœur, se révoltent à Marie-Galante. A 600, ils assiègent la ville. Ils sont fusillés.

En décembre, au Lamentin 300 noirs attaquent la ville. Ils tuent trois blancs mais perdent 35 hommes au combat et leurs chefs sont fusillés.

1799 : le noir Guillaume est battu par le blanc Féraud, Guillaume faisant alors subir à Féraud le même sort est fusillé sur l’ordre du nouveau gouverneur, Desfourneaux.

-    A Pointe-à-Pitre, on fusille un soldat noir qui a frappé son capitaine blanc.

-    Un cultivateur noir de l’habitation Dano qui a poignardé un blanc subit le même sort.

L’abolition de l’esclavage se conçoit curieusement : les esclaves sont obligés de travailler pour leurs anciens maîtres et d’être en possession d’un laissez-passer pour tous leurs déplacements.

Depuis l’insurrection du Lamentin, des noirs se sont groupés dans les bois de la Goyave, les marrons du nouvel esclavage se joignent à eux. Les royalistes étant de retour, Desfourneaux les lance alors à leurs trousses. Les rebelles sont massacrés, les survivants reconduits sur les plantations.

En décembre 1799, Delgrès, noir martiniquais, arrive en Guadeloupe.

Le coup d’Etat du 18 Brumaire provoque la fuite des officiers républicains noirs parmi lesquels Pélage et Delgrès.

19 avril 1801 : nouveau gouvernement Lacrosse.

Arrestations des commerçants de couleur et de quelques militaires noirs.

Magloire Pélage, réintégré dans ses fonctions, est l’ouvrier docile du rétablissement de l’esclavage ordonné par Bonaparte.

A Petit-Bourg, des bestiaux empoisonnés sont le prétexte à des exécutions sommaires décidées par Lacrosse et exécutées par Pélage.

Joseph Lagarde, jeune noir, est fusillé par Lacrosse pour avoir porté des provisions à un prisonnier du fort Saint-Charles.

Le 5 août 1801, le général Bethencourt meurt. Son présumé successeur est Magloire Pélage, mais pour éviter d’avoir à donner le commandement à un noir, Lacrosse se nomme chef de la garnison. Pélage s’incline mais non ses troupes.

Ordre est alors donné d’arrêter tous les officiers noirs. L’un d’eux Gédéon, est appréhendé, le capitaine Ignace s’enfuit, Pélage lui-même échappe de peu à l’arrestation. Ignace donne aussitôt le signal du soulèvement, mais Pélage l’oblige à réintégrer se heurtant à une compagnie de noirs, Pélage intervient de nouveau et les empêche de se battre.

Lacrosse, réfugié à Basse-Terre, lève une troupe et marche sur Pointe-à-Pitre. Des soldats de couleur désertent à Petit-Bourg où il s’arrête.

Octobre 1801 : la population de Basse-Terre libère les prisonniers de Lacrosse enfermés sur le brick Les Trois Sœurs. François Rigaud se trouve parmi les rescapés.

Alexis et d’autres noirs de l’habitation Ducharmoy, responsables de la mort du fermier Salager sont exécutés par Pélage.

Lacrosse s’organise et fait venir les émigrés, aristocrates blancs des îles avoisinantes pour reconstituer ses troupes. De Vermont est parmi eux.

Si les chefs noirs désirent Pélage à la tête de leur révolution afin de débarrasser l’île de Lacrosse, Pélage lui, tient à traiter avec ce dernier.

Bientôt arrêté Lacrosse parvient à s’enfuir avec l’aide de Pélage.

A partir de ce moment Pélage dirige la Guadeloupe en s’appuyant sur les grands blancs et les notables. Les postes principaux sont distribués à des officiers noirs : Delgrès, Palème, Ignace, Codou, Noël Corbet, Gédéon, etc. Parmi eux, Massoteau à l’idée de constituer un corps d’armée de 20.000 hommes et d’intégrer le plus grand nombre de noirs aux postes clés de l’économie.

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