CSLR - Nos jeunes étudiants Antillo-Guyanais victimes des quotas

CSLR - Nos jeunes étudiants Antillo-Guyanais victimes des quotas

Dans un livre intitulé « Guadeloupe tes quatre vérités » que je publiais en novembre 1984, et sous le titre :  « L’université, le piège ou l’outil ? » je consacrais un chapitre à notre Université des Antilles et de la Guyane. Je relevais la contradiction d’une institution qui pouvait être, un atout pour une ouverture sur le monde, ou un piège pour un renfermement sur soi-même. Et  déjà à la voire fonctionner, je disais : « … on peut se demander si nos responsables savent ce qu’ils peuvent et doivent en attendre… »

Près de trente années plus tard, la question reste d’actualité.

A l'initiative d'étudiants et de parents d'étudiants en première année de PACES Pharmacie aux Antilles et en Guyane, voici, en pièce jointe, la lettre ouverte adressée à nos élus nationaux et locaux. Ceux-là mêmes qui ont en charge l’avenir de notre jeunesse.

Elle met en évidence :
- de nombreuses carences quant à l'organisation des enseignements,
- un numérus clausus de 3 places en seconde année, communiqué en novembre 2010 soit plus de 2 mois après la rentrée universitaire de 2010-11 
- un numerus clausus insuffisant par rapport à nos population et par rapport aux moyennes nationales de 20 pour un million d'habitants
- La non possibilité de redoubler dans une autre université nationale au motif que les redoublements se font dans l'établissement d'origine!

A vous de juger !

Amédée ADELAIDE
Président de CSLR
28 juillet 2011

 

                                                                                              Mardi 19 juillet 2011

Objet : Premier bilan de la PACES Pharmacie aux Antilles-Guyane
(PACES = Première Année Commune aux Etudes de Santé)

Lettre ouverte à :

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République,
Monsieur François Fillon, premier ministre,
Madame Valérie Pécresse, ex ministre de l’enseignement supérieur,
Monsieur Laurent Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur,
Madame Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l’Outre-Mer,
Monsieur Victorin Lurel, Président du Conseil Régional de Guadeloupe,
Monsieur Pascal Saffache, Président de l’Université Antilles-Guyane,
Monsieur Pascal Blanchet, Doyen de l’UFR de Médecine de l’UAG,
Monsieur Eustase Janky, Responsable du pôle Universitaire Régional.

Copie : Monsieur Florentin Normand, Président de l’Association Nationale des Etudiants en Pharmacie de France.

Mesdames, Messieurs,

Nous venons par la présente vous faire part de notre profond mécontentement devant les conséquences de la réforme menée par le gouvernement portant modification de la première année des études de santé (PACES) dont notre enfant étudiant cette année à l’Université des Antilles et de la Guyane, a essuyé les plâtres…

Nous dénonçons un numerus clausus scandaleux ainsi qu’une organisation tant du concours que pédagogique absolument désastreuse entraînant des interrogations et des demandes pour lesquelles nous attendons des réponses.

Après l’obtention d’un bac « S » spécialité physique-chimie mention Très Bien en 2010( plus de 17 de moyenne générale), notre enfant s’est inscrit en PACES en faisant le choix unique, par vocation, de la filière pharmacie.

 

Classé dans les soixante dix premiers sur 750 candidats à l’issue du premier concours en janvier 2011, il se retrouve classé dans les dix premiers sur 74 après confirmation de leur choix final par les étudiants le précédant dans le classement.

Or, le numerus clausus attribué à l’université Antilles- Guyane pour 2011( paru au JO de novembre  2010, soit bien après la clôture des inscriptions en université…) étant de TROIS PLACES, notre enfant n’a donc pas été admis…trois places pour  l’ensemble des trois DOM ! !!(Guadeloupe, Martinique, Guyane) pour une population de plus d’ un million d’habitants répartie sur trois géographies!!!

Comment expliquer alors que la Réunion s’est vu octroyer un numerus clausus de quatre places pour une population de 808 000 habitants ???

Comment expliquer que la Corse soit gratifiée de trois places alors que sa démographie n’est que de 300 000 individus ???

Comment expliquer que le numerus clausus soit en moyenne de 20 places pour un million d’habitants sur le territoire de la France Hexagonale ???

 Serions- nous aux Antilles et en Guyane françaises  des citoyens de seconde zone ???

S’agissant maintenant du concours lui- même, parmi les nombreux dysfonctionnements observés tout au long de l’année, nous portons à votre connaissance les deux points majeurs suivants :

1) A l’annonce des résultats du premier quadrimestre en janvier 2011, les étudiants ont appris qu’ils devaient repasser en mai (en même temps que les épreuves du second quadrimestre) l’épreuve de Biologie cellulaire de l’UE2, matière la plus dense, au motif que « pour des raisons techniques, la totalité des copies des épreuves  1 de l’UE2 n’a pu être exploitée ». Lors de la réunion explicative de cet incident, il a été précisé aux étudiants qu’un dégât des eaux avait entrainé une inexploitation d’une partie des copies…
On peut légitimement s’interroger sur cette négligence administrative manifeste !!!
Qu’en conclure ???

2) L’épreuve de chimie (UE 15s), spécifique à la filière Pharmacie, organisée au mois de mai 2011 ; Nous déplorons  des résultats catastrophiques qui selon nous sont dus à deux dysfonctionnements:
- 23 questions de chimie à résoudre en une demi-heure alors qu’à Bordeaux, qui rédige les QCM destinés aux étudiants de l’UFR Antilles-Guyane, une heure et vingt minutes avait été accordée aux étudiants pour 26 questions…
Qu’en conclure ?????
Y a-t-il eu un malentendu entre les deux administrations quant au nombre de QCM ou quant au temps imparti ???

A cette question il a été répondu le jour même de l’épreuve, aux étudiants désappointés, par les responsables de l’UFR, qu’en fin de compte ils étaient tous placés sur un même pied d’égalité !!!

Ainsi répondre au « petit bonheur la chance » est un des critères de sélection  de ce concours !!! surtout lorsqu’il s’agit d’une matière déterminante qui en conditionne la réussite  ou l’échec…

-Second dysfonctionnement et lui aussi de taille que nous avons constaté et qui a été confirmé par un haut responsable de L’UFR, aucun enseignement dirigé n’a été mis en place  pour cette discipline (chimie UE15s) pourtant déterminante ( coefficient le plus élevé) dans la filière pharmacie ????

Qu’ en conclure ?
Nos enfants auraient ils été sacrifiés sur l’autel d’une réforme immature accusant un manque crucial de moyens ???
L’UFR de médecine Antilles-Guyane était-elle en mesure de mettre en place une telle réforme ?
Pourquoi alors avoir ouvert cette filière Pharmacie cette année ???
Ce qu’on oublie de dire c’est que ce sont des jeunes et de bons éléments pour la plupart, parmi les meilleurs de leur génération, qui  pâtissent de ces insuffisances …
Ils pâtissent également d’une absence totale de mobilité vers un autre établissement dont le numerus clausus serait plus élevé  cherchant par la même à augmenter  leurs chances de succès : ainsi les étudiants des Antilles-Guyane souhaitant redoubler en PACES à Bordeaux se voient refuser leur transfert au motif que : « le redoublement doit être effectué dans l’établissement où vous étiez inscrit (e) » .
Nos enfants, citoyens français résidant dans les « îles »  appelées aussi régions « ultrapériphériques », se  voient donc condamnés à y rester  afin de ne pas « rogner » sur le numerus clausus des autres établissements de Métropole!!!

Par ailleurs, mise en place pour « réduire le gâchis humain » (dixit Madame Valérie Pécresse) engendré par ces études de santé, cette réforme de la PACES l’aggrave bien au contraire et  la filière pharmacie en est la principale victime …
L’heure du bilan de cette première année a sonné, en témoignent les différents commentaires qui abondent sur le net…

Ainsi que penser de cette lauréate redoublante en médecine classée dans les trois premiers du classement pharmacie,  après choix final,  qui a dû à contre-cœur confirmer son choix en pharmacie et qui avoue en larmes que c’est médecine qu’elle voulait faire ???
Toujours dans le même sens : sur les seize premiers de la liste en pharmacie, neuf sont partis en médecine !!! on peut donc légitimement parler d’une véritable crise des vocations que subit de plein fouet la filière pharmacie  avec cette réforme ou faut-il aller plus loin en parlant d’ « une chronique d’une mort annoncée » ???

Etre animé(e) d’une vocation dans le choix d’un métier ne serait donc plus à l’ordre du jour ??? Il faudra alors pour beaucoup d’entre eux obligatoirement et inéluctablement faire un choix par défaut ou alors attendre sagement que le destin vous gratifie d’une place tant convoitée ou « forcer » quelque peu ce même destin pour les plus malhonnêtes en exerçant des pressions sur les plus fragiles afin de « libérer » des places !!!

En conséquence, nous sommes face à une réforme qui comporte de graves insuffisances  voire d’inégalités tant dans l’attribution du numerus clausus que dans l’organisation des enseignements et dans la répartition des moyens attribués aux différents établissements.

Devant un tel gâchis, nous vous demandons décideurs et responsables :

  1. Qu’à titre exceptionnel le numerus clausus accordé aux Antilles-Guyane pour l’année 2010-2011 soit revu à la hausse. Un nombre minimum de 12 places parait cohérent.
  2. Que l’année de PACES Pharmacie 2010-2011 aux Antilles-Guyane soit invalidée pour permettre aux primants redoublants de conserver leur condition de primant pour l’année 2011-2012 et qu’ils puissent s’ils le souhaitent s’inscrire dans l’Université de leur choix.
  3. Que le numerus clausus de la PACES Pharmacie aux Antilles-Guyane soit porté pour l’année 2011-2012 à un minimum de 15 places.

2011 : l’année des Outre-mers aviez-vous dit ???

Des parents qui vous le comprendrez souhaitent conserver l’anonymat pour ne pas compromettre davantage l’avenir de leurs enfants mais qui souhaitent que vous décideurs et responsables, apportiez une réponse à cette lettre par voix de presse et notamment dans les journaux quotidiens des Antilles et de la Guyane.

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